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Qui suis-je ?

Leïla Shahshahani. Journaliste indépendante basée à Grenoble, avec un fort penchant pour la montagne politiquement et socialement engagée. Je passe mon tour pour l'engagement technique.

Mardi 24 mai, le groupe "Boycott, Désinvestissement, Sanctions" de Grenoble a tenu sa première conférence à la Maison des Associations, en présence de l'avocat Gilles Devers et du militant José-Luis Moraguès de la "coalition contre Agrexco" à Montpellier.

 

Un clip vidéo de la "Coalition des femmes pour la paix" a ouvert la soirée, dans lequel des artistes israéliens rejettent le projet de loi du parlement israélien (Knesset), adopté en première lecture, visant à criminaliser les citoyens appelant au boycott des produits des colonies.

 

José-Luis Moraguès est ensuite revenu sur l'appel au boycott lancé en 2005 par la société civile palestinienne. Il a notamment rappelé la forte représentativité de cet appel, soutenu dès son lancement par 171 organisations palestiniennes diverses et par plus de 400 aujourd'hui, dont les plus importantes associations d'agriculteurs. Relayant les paroles d'Omar Barghouti, l'un des initiateurs de cet appel, José-Luis Moraguès a aussi rappelé que ce n'était pas à nous, citoyens occidentaux, de rejeter la campagne BDS au nom du bien-être des Palestiniens. "Nous sommes prêts à en payer le prix", martèle Omar Barghouti pour qui le respect du droit international doit primer, pour l'ensemble de la population palestinienne

La campagne de boycott sera maintenue "jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :
1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation de toutes les terres arabes et en démantelant le Mur ;
2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU."

 

Tel est le seul objet de cette campagne. Ni plus ni moins. Elle n'a pas, par exemple, vocation à prendre position sur la question de "un ou deux Etats", explique José-Luis Moraguès. Ce qui compte, c'est que la solution retenue permette le respect des principes de droits évoqués ci-dessus.

Enfin, sur la question de savoir s'il faut boycotter tous les produits en provenance d'israël ou seulement les produits issus des colonies, la réponse est claire, et c'est là encore la position d'Omar Barghouti : Israël ne permet pas de faire la disctinction entre ces différents produits, trompant le consommateur sur l'origine de la marchandise avec de faux étiquettages. Pourquoi donc, nous, consommateurs, devrions nous faire la disctinction, bien souvent impossible à établir ?

 

L'avocat Gilles Devers a quant à lui replacé la campagne BDS sous l'angle du seul droit. Il a insisté sur le fait que la donne a changé et que, selon les principes du droit actuel, Israël ne peut plus désormais jouir d'une impunité sans limite. " En droit international, la seule frontière qui existe est celle de 1949", explique-t-il, ajoutant que la puissance occupante ne doit rien prendre, ni rien modifier du territoire ou des populations placées sous occupation (4e Convention de Genève).

Gilles Devers rappelle aussi que "tous ceux qui y participent sont complices de ce crime". Pour lui, la campagne BDS est donc avant tout la dénonciation d'un crime commis par l'Etat d'Israël.

 

L'avocat est ensuite revenu sur le cas de la firme israélienne Agrexco, exportateur principal de fruits et légumes, épinglée pour l'irrégularité de ses titres de douane. Les contrôles réalisés dans les bâteaux arrivés en France ont apporté la preuve flagrante  que les produits issus des terres palestiniennes sont étiquettés "Israël". Une plainte pour fraude a été déposée auprès du Procureur. Le premier forum européen contre Agrexco se tiendra les 4 et 5 juin prochains à Montpellier.

 

Lors du débat avec la salle, il a été fait allusion au fait qu'Israël, pour contrer la campagne de boycott, utiliserait maintenant l'appelation "Made in Palestine" pour tromper le consommateur soucieux du respect des droits des Palestiniens !

L'idée de suspendre le jumelage de villes françaises avec des villes israéliennes a aussi été évoquée, certains militants ayant déjà fait une demande en ce sens auprès du maire de Grenoble, Michel Destot.

 

Sur les procès en cours des militants BDS en France, Gilles Devers a rappelé que sur les 80 plaintes déposées, seules 5 ont été instruites. Il a aussi rappelé que les procès en cours étaient "gelés" en attendant la décision de la Cour de Cassation, saisie dans le cas du procès de Sakina Arnaud sur une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

 

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