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Qui suis-je ?

Leïla Shahshahani. Journaliste indépendante basée à Grenoble, avec un fort penchant pour la montagne politiquement et socialement engagée. Je passe mon tour pour l'engagement technique.

Publié par Leïla Shahshahani

Samedi 26 décembre, 23h

En milieu d'après-midi, un avion quasi exclusivement rempli de participants à la Marche pour Gaza a atterri à l'aéroport du Caire en provenance de Paris. Environ 200 Marcheurs se sont retrouvés ce soir dans un hôtel en périphérie de la capitale, non loin des pyramides. Dans ce même hôtel se trouve aussi un groupe d'Italiens qui participent à la Marche. Enfin la troupe prend forme, et c'est déjà en soi impressionnant de voir ce soir toutes ces personnes qui ont effectué ce périple pour témoigner de leur solidarité avec les habitants de Gaza.

Demain dans la soirée, plusieurs centaines (Français, Belges et Italiens essentiellement) d'entre nous avons rendez-vous au Caire pour embarquer à bord des bus, réservés de longue date, devant nous conduire au poste frontière de Rafah, via Suez puis Al-Arish. Une question demeure : les bus viendront-ils au lieu de rendez-vous comme convenu ?

Les dernières nouvelles ne sont pas encourageantes. La délégation américaine, composée d'environ 700 marcheurs, vient de se voir interdire son premier regroupement dans une salle de la capitale qui devait les accueillir. Les autorités égyptiennes durcissent le ton. En plus de vouloir interdire le passage dans Gaza, elles semblent décider à vouloir interdire tout regroupement de plus d'une quinzaine de personnes au Caire. Une note du Ministère des affaires étrangères égyptien demandait tout récemment aux participants à la Marche de renoncer à venir en Egypte (c'est un peu tard...), ou alors d'y venir pour faire du tourisme. Ce n'est certainement pas l'intention des Marcheurs.

Quoi qu'il en soit, notre groupe n'a réservé qu'une nuit d'hôtel, la nuit prochaine étant prévue dans les bus... Si les bus sont bien au rendez-vous comme convenu, jusqu'où seront-ils autorisés à aller ? Serons-nous bloqués quelque part entre le Caire et Rafah ? Ou serons-nous empêchés de quitter le Caire ? Auquel cas on peut imaginer que le même sort sera probablement réservé à la délégation coordonnée par les Américains qui doit quitter le Caire un jour après nous.

Les actions des Marcheurs seront imaginées au fur et à mesure, en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain. Nous avons dans nos bagages tentes, matelas et duvet...

Une lettre ouverte au Président égyptien Hosni Mubarak a été adressée ce jour par les organisateurs de la Marche pour demander à l'Egypte de revoir sa position et de laisser entrer tous les participants.

Quant au convoi Viva Palestina, il est immobilisé au port d'Aqaba (Mer Rouge) en Jordanie, l'Egypte lui refusant le droit d'entrée sur son territoire par l'itinéraire prévu : une traversée en ferry jusqu'au port égyptien de Nuweiba (Sinaï). L'Egypte exigerait du convoi de faire un grand détour pour emprunter le canal de Suez et rejoindre Rafah depuis la Méditerrannée via le port d'Al-Arish. Le convoi est composé de 250 camions transportant de la nourriture et des médicaments. Il voulait atteindre Gaza le 27 décembre, un an jour pour jour après le lancement de l'opération "plomb durci" par Israël.

Pendant ce temps, Israël multiplie les assassinats sur le territoire palestinien. Aujourd'hui 26 décembre, trois membres de la branche militaire du Fatah on été abattus dans leurs maisons à Naplouse, tandis que trois jeunes Gazaouis ont également été tués près de la frontiète d'Erez au nord du territoire.

Si Israël cherchait à rendre la situation encore plus explosive qu'elle ne l'est déjà en territoire palestinien, elle ne s'y prendrait sans doute pas autrement...




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